Droit au répit : la reconnaissance et le soutien aux proches aidants

La Loi d’adaptation de la société au vieillissement (LASV)1 reconnaît la place et le rôle des proches aidants des personnes âgées en perte d’autonomie notamment par la création du droit au répit.

Le droit au répit permet l’accompagnement structurel et financier des proches aidants afin d’alléger leur quotidien. Cela pourrait concerner plus de 8,3 millions d’aidants. Cette mesure est entrée en vigueur le 1er mars 2016 (sauf pour les anciens bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour qui la mise en œuvre  du droit au répit se fait plus progressivement).

Aidant, un métier à plein temps

Actuellement, 8 millions de personnes2 aident un proche en perte d’autonomie à réaliser des actes de la vie quotidienne. Leur action permettrait chaque année d’éviter 164 milliards de dépenses à l’Assurance maladie.

La nouvelle réglementation prend en compte cette situation et reconnaît l’existence des « proches aidants ». Il s’agit :

  • Du conjoint,
  • Du partenaire lié par un PACS,
  • D’un parent,
  • D’un allié ou d’une personne résidant avec la personne dépendante ou entretenant avec elle des liens étroits et stables (tel qu’un voisin ou un ami), qui assure à la personne dépendante une aide à domicile pour une partie ou la totalité des actes de la vie quotidienne de manière régulière et à titre non professionnel.

Accompagner les gestes de la vie quotidienne a un coût non négligeable pour les aidants (dépenses financières importantes, négligence de leur propre santé physique et mentale, conséquences néfastes sur leur vie professionnelle…).

Ainsi par exemple, 20 % des aidants ont des symptômes de fatigue morale ou physique affectant leur santé. Pour autant, ils renoncent fréquemment à des soins, faisant passer la santé de l’aidé avant la leur.

40 % des aidants dont la charge est la plus lourde se sentent dépressifs et 29 % déclarent consommer des psychotropes3.

Face à ce constat le droit au répit prend tout son sens et s’inscrit dans un véritable enjeu de santé publique. En effet en  2060, un tiers des Français aura plus de 60 ans et les plus de 85 ans seront près de 5 millions, contre 1,4 million aujourd'hui. Le nombre d’aidants devrait donc croitre en parallèle.

Souffler pour mieux aider

Reconnaître l’action positive des aidants sur la société et l’économie, c’est aussi reconnaître l’impact de cette responsabilité sur leur vie.

Le droit au répit permet ainsi aux proches aidants de prendre un temps de repos tout en s’assurant de la bonne prise en chargeprise en chargeDocument qui vous est remis permettant une avance des frais dans le cadre d’une hospitalisation. Lire la suite de l’aidé. Ainsi, la LASV a mis en place des aides financières permettant :

  • l’accueil de l’aidé dans un hébergement temporaire en établissement ou en accueil familial, 
  • la prise en charge de l’aidé dans un accueil de jour ou de  nuit ou, 
  • le financement d’heures d’aide à domicile supplémentaires.

 

Ces aides peuvent être activées quand le plafond du plan d’aide APA de l’aidé est atteint. Elles peuvent aller jusqu’à 500 € par an et par personne dépendante.

En cas d’hospitalisation d’un proche aidant, l’aide financière ponctuelle peut être majorée et atteindre 992 € au-delà des plafonds de l’APA.

Ces dispositifs permettent de dégager, pour les proches aidants, des temps de répit afin notamment de retarder voire d’éviter une entrée en institution prématurée de l’aidé.

A noter : Les personnes n’atteignant pas le plafond de l’APA correspondant à leur GIR4 peuvent également demander le financement des dépenses d’accueil de jour, d’hébergement temporaire ou de relais à domicile dans le cadre du plan d’aide, dans la limite des plafonds de l’APA.

 

1 Loi n°2015-1776 d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015, JO du 29 décembre 2015

http://www.silvereco.fr/

Reconnaître le rôle des aidants en créant une aide au répit

4 Les groupes iso-ressources permettent de classer les personnes en fonction des différents stades de perte d’autonomie. Ils sont au nombre de 6, allant de la dépendancedépendanceSituation de perte d’autonomie résultant de l’âge, d’un handicap ou d’un trouble et empêchant une personne d’effectuer certaines tâches de la vie quotidienne sans l’aide d’une tierce personne. Lire la suite la plus lourde (GIR 1) à l’absence de perte d’autonomie (GIR 6).

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