Souffrance au travail: les risques professionnels

La souffrance au travail a des origines multiples : harcèlement moral, mal-être, stress, violences, etc. Pour assurer l'évaluation et la prévention de ces risques professionnels, employeurs et salariés peuvent se trouver désemparés face aux nombreuses situations possibles. Pourtant, des outils existent : découvrez comment prévenir ces phénomènes et réagir face à la souffrance au travail.

Souffrance au travail: les risques professionnels

Souffrance au travail : éviter le burn out

La souffrance au travail, semble difficile à diagnostiquer. Cette souffrance, appelée administrativement "risques psychosociaux (RPS) en entreprise", conduit de plus en plus souvent au burn out. Selon les  estimations de l’Assurance maladie publiée en janvier 2018, 10 000 cas d’affections psychiques ont été reconnues au titre des accidents du travail avec arrêt. Près de 600 cas ont même été reconnues en tant que maladie professionnelle en 2016 (contre 100 en 2010).

Les risques professionnels sont de plus en plus souvent associés à une souffrance psychique devenue la deuxième pathologie la plus souvent signalée parmi la population active.

Prévention des risques professionnels : comment faire ?

Comment reconnaître les symptômes des risques psycho-sociaux ? Comment assurer l'évaluation des risques professionnels ?
Pour les employeurs, de nombreux outils permettent de répondre à ces questions et peuvent conduire à la mise en place d'une véritable démarche de prévention. Il s'agit d'ailleurs d'une obligation légale : au-delà de certaines dispositions plus spécifiques, comme l'intégration des facteurs de risques psychosociaux dans le Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER) de l'entreprise.

L'article L.4121 du Code du travail dispose que : "L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs".

Ces mesures comprennent :

  • des actions de prévention des risques professionnels ;
  • des actions d'information et de formation ;
  • la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.

 

Un certain nombre de critères pour mieux identifier la souffrance au travail existent.
À ce titre, un rapport de la Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES) en recense six, liés :

  • aux exigences de travail (quantité excessive, pression temporelle, complexité, conciliation travail/vie hors travail) ;
  • aux exigences émotionnelles (empathie/contact de la souffrance, cacher ses émotions, peur au travail, relation au public) ;
  • à l'autonomie et aux marges de manœuvre (autonomie procédurale, participation, utilisation et accroissement des compétences) ;
  • aux rapports sociaux et aux relations de travail (coopération/soutien, conflits et harcèlement, reconnaissance, leadership) ;
  • aux conflits de valeurs (conflits éthiques, qualité empêchée) ;
  • à l'insécurité économique (sécurité de l'emploi, du salaire, de la carrière, soutenabilité).

Risques professionnels : de l'évaluation à la prévention

Afin de mettre en œuvre cette démarche de prévention des risques professionnels, il existe plusieurs documents, publiés à l'échelle locale (à travers le Plan régional de santé au travail), ou à l'échelle nationale (à travers des organismes tels que l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS)).

Le ministère du Travail encourage une telle démarche en considérant cinq étapes :

  • s'engager sur des objectifs et des moyens, s'associer avec les partenaires sociaux, le service de santé au travail, informer les salariés ;
  • recueillir des indicateurs, tels que ceux évoqués ci-dessus, soit une étape de pré diagnostic, pouvant être faite avec l'appuie de la médecine du travail ;
  • évaluer les sources ou facteurs de risques psychosociaux, ce qui constitue l'étape de diagnostic à proprement parler (ce diagnostic peut être fait à l'aide de données quantitatives (questionnaires, etc.) et qualitatives (observations et entretiens)) ;
  • élaborer un plan d'action comportant des mesures concrètes pour la prise en charge des personnes en situation de souffrance au travail : actions modifiant l'organisation du travail, écoute et formation, réparation des dysfonctionnements non évités (dont la prise en charge des personnes) ;
  • organiser un suivi du plan et mettre à jour le Document Unique d'Evaluation des Risques (DUER).

 


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