Absentéisme au travail : comment y remédier ?

L’absentéisme au travail touche touche toutes les entreprises et les collectivités. 42 % des salariés interrogés en 2018 se sont vus prescrire un arrêt maladie au cours des 12 derniers mois1.

De quoi parle-t-on lorsqu’on évoque cette notion ? Un lien est généralement établit entre absentéisme et conditions de travail.  

Absentéisme au travail : comment y remédier ?

Des chiffres de l’absentéisme qui restent stables

Tout d’abord, rappelons la méthode de calcul du taux d’absentéisme : nombre de jours (ou d'heures) d'absence sur une période divisé par le nombre de jours (ou d'heures) théoriques sur cette même période. Ainsi, selon une récente étude, l’absentéisme en France est passé de 4,59 % en 2016 à 4,72 % en 2017, soit en moyenne 17,2 jours d’absence par an et par salarié2.

Selon les salariés interrogés, moins de la moitié des arrêts maladie (39 %) est liée au contexte professionnel. 9 % des arrêts maladie sont liés à un contexte exclusivement professionnel et 30 % sont liés à un contexte à la fois professionnel et non professionnel. 

Les arrêts maladie liés au contexte professionnel sont principalement dus à des troubles psychologiques (17 %) ou à des troubles musculo squelettiques (14 %). Les arrêts liés à un contexte non professionnel sont dus à une maladie ordinaire dans 39 % des cas mais peuvent venir de douleurs musculaires ou articulaires pour 16 % des sondés ou de troubles psychologiques (12 %)1.

 

Un taux qui coûte cher

Si le taux d’absentéisme est scruté à la loupe chaque année, c’est parce que l’absentéisme à des conséquences importantes en terme de coûts. Selon une étude menée en 2015 par l’institut Alma Consulting group, le taux d’absentéisme couterait environ 60 milliards d’euros aux entreprises. Ce calcul prend en compte les coûts directs (maintien de salaire, coût du remplacement) et indirects (prévention, prévoyance, cotisations).

 

Les causes de l’absentéisme au travail

Toujours selon l’étude de l’institut Alama Consulting group, 13 % des salariés interrogés affirment avoir posé un arrêt maladie pour des raisons autres que la santé. La surcharge de travail, une relation conflictuelle au sein de l’entreprise, un manque de motivation et de bien-être au travail sont les principales raisons invoquées.

Parmi les causes généralement identifiées comme source d’absence au travail nous retrouvons :

  • les conditions de travail : surcharge de travail, poste de travail non adapté, changements d’horaires réguliers, mauvaise répartition de la charge de travail ;
  • le management : absence de valorisation, manque de clarté sur les missions confiées, manque de dialogue, management autoritaire, etc. ;
  • l’implication des salariés : cette implication dépend bien souvent de la capacité de la direction à mener à bien son projet d’entreprise. Si ce dernier est mal compris par les salariés, un manque d’implication et une démotivation naitront de cet état de fait. Le manque d’implication peut également être dû à l’absence de perspectives d’évolution.

 

Absentéisme : définition

L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) propose la définition suivante : "l’absentéisme caractérise toute absence qui aurait pu être évitée par une prévention suffisamment précoce des facteurs de dégradations des conditions de travail entendus au sens large (…)". Cette définition insiste sur la liaison entre absentéisme et conditions de travail. Les problèmes de santé sont pris en compte mais pas uniquement : la qualité de vie et le bien-être au travail en sont des composantes à part entière.

 

Comment remédier à l’absentéisme ?

Pour y remédier, différents leviers peuvent être mis en place. Tout d’abord, une formation des équipes encadrantes pour mieux comprendre le phénomène et mieux intégrer les notions de santé et de risques psychosociaux. L’absentéisme n’est pas uniquement du ressort des Ressources humaines.

Les conditions de travail peuvent également être revues. Dans ce cas, il est important de mobiliser le Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et, pourquoi pas, mettre en place un groupe de travail spécifique. L’ergonomie des postes ou l’éclairage peuvent par exemple être revus pour améliorer les conditions de chacun et un système de prévention peut être organisé.

A contrario, certains dispositifs peuvent être évités. C’est le cas de la contre-visite médicale qui n’a pas d’impact réel sur le taux d’absentéisme. Celle-ci aura plutôt tendance à culpabiliser le salarié et donner une image répressive de la direction.

 

1Étude de perception Ifop pour Malakoff Médéric menée auprès de 2010 salariés du secteur privé  - Recueil par Internet - Mai 2018

  • Baromètre Santé et qualité de vie au travail 2018, Malakoff Médéric / Sociovision-IFOP menée auprès
    de 3 500 salariés du secteur privé
  • Analyse statistique des DADS (Déclaration annuelle des données sociales) des entreprises clientes de Malakoff Médéric (61 000 entreprises et de 2 millions de salariés) de 2012 à 2016

2Étude Ayming-AG2R La Mondiale