Absentéisme au travail : comment y remédier ?

L’absentéisme au travail touche un certain nombre d’entreprises et de collectivités : la moyenne des arrêts de travail est de 14,2 jours par an et par salarié selon une étude annuelle. De quoi parle-t-on lorsqu’on évoque cette notion ? Un lien est généralement établit entre absentéisme et conditions de travail.  

Absentéisme au travail : comment y remédier ?

Des chiffres de l’absentéisme qui restent stables

Tout d’abord, rappelons la méthode de calcul du taux d’absentéisme : nombre de jours (ou d'heures) d'absence sur une période divisé par le nombre de jours (ou d'heures) théoriques sur cette même période. Ainsi, selon une récente étude, le taux d’absentéisme en France en 2016 correspond à 4,59% soit une moyenne de 17 jours d’absence par an. Ce taux reste stable, il était de 4,55% en 2015.

Tous les secteurs d’activité ne sont pas logés à la même enseigne : ainsi, toujours selon la même étude, l’absentéisme serait moins important dans les secteurs du BTP et de l’industrie (3,43%) que dans ceux des services (5,48%) et de la santé (5,04%). Des disparités existent également au niveau du sexe et du territoire. Le taux d’absentéisme des femmes est supérieur à celui des hommes : 4,98% contre 3,34%. Cette différence s’explique principalement par la durée des arrêts de travail due aux congés maternités. Au niveau des régions, en 2016, la Corse (5,93%) et les Hauts-de-France (5,9%) remportent la palme de l’absentéisme. L’île de France est la meilleure élève avec un taux de 3,36%.

 

Un taux qui coûte cher

Si le taux d’absentéisme est scruté à la loupe chaque année, c’est parce que l’absentéisme à des conséquences importantes en terme de coûts. Selon une étude menée en 2015 par l’institut Alma Consulting group, le taux d’absentéisme couterait environ 60 milliards d’euros aux entreprises. Ce calcul prend en compte les coûts directs (maintien de salaire, coût du remplacement) et indirects (prévention, prévoyanceprévoyanceEnsemble des garanties liées aux risques d’accident, de maladie (maladie, invalidité, dépendance ...) ou de vie (décès). Ces garanties prévoient des prestations en sus de celles versées par le régi... Lire la suite, cotisations).

 

Les causes de l’absentéisme au travail

Toujours selon l’étude de l’institut Alama Consulting group, 13% des salariés interrogés affirment avoir posé un arrêt maladie pour des raisons autres que la santé. La surcharge de travail, une relation conflictuelle au sein de l’entreprise, un manque de motivation et de bien-être au travail sont les principales raisons invoquées.

Parmi les causes généralement identifiées comme source d’absence au travail nous retrouvons :

  • Les conditions de travail : surcharge de travail, poste de travail non adapté, changements d’horaires réguliers, mauvaise répartition de la charge de travail,
  • Le management : absence de valorisation, manque de clarté sur les missions confiées, manque de dialogue, management autoritaire, etc.
  • L’implication des salariés : cette implication dépend bien souvent de la capacité de la direction à mener à bien son projet d’entreprise. Si ce dernier est mal compris par les salariés, un manque d’implication et une démotivation naitront de cet état de fait. Le manque d’implication peut également être dû à l’absence de perspectives d’évolution.

 

Absentéisme : définition

L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) propose la définition suivante : "l’absentéisme caractérise toute absence qui aurait pu être évitée par une prévention suffisamment précoce des facteurs de dégradations des conditions de travail entendus au sens large (…)". Cette définition insiste sur la liaison entre absentéisme et conditions de travail. Les problèmes de santé sont pris en compte mais pas uniquement : la qualité de vie et le bien-être au travail en sont des composantes à part entière.

 

Comment remédier à l’absentéisme ?

Pour y remédier, différents leviers peuvent être mis en place. Tout d’abord, une formation des équipes encadrantes pour mieux comprendre le phénomène et mieux intégrer les notions de santé et de risques psychosociaux. L’absentéisme n’est pas uniquement du ressort des Ressources humaines.

Les conditions de travail peuvent également être revues. Dans ce cas, il est important de mobiliser le Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et, pourquoi pas, mettre en place un groupe de travail spécifique. L’ergonomie des postes ou l’éclairage peuvent par exemple être revus pour améliorer les conditions de chacun et un système de prévention peut être organisé.

A contrario, certains dispositifs peuvent être évités. C’est le cas de la contre-visite médicale qui n’a pas d’impact réel sur le taux d’absentéisme. Celle-ci aura plutôt tendance à culpabiliser le salarié et donner une image répressive de la direction.

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