Télétravail : quels bienfaits et quels risques pour la santé ?

Le télétravail, 2 salariés sur 3 en rêveraient. Immédiatement, on imagine les journées à travailler de son canapé, un café dans une main, l’ordinateur de l’autre, avec sa musique en fond sonore et un plaid sur les genoux. Qu’en est-il de la réalité ? Point sur les avantages et les inconvénients du télétravail.

Télétravail : quels bienfaits et quels risques pour la santé ?

Le télétravail : des avantages pratiques

C’est indéniable, le télétravail offre de solides avantages pratiques pour les salariés : modulation du temps de travail, suppression du trajet domicile-travail, gain de temps et d’argent, confort et meilleure concentration… le taux de satisfaction des salariés en télétravail à un an oscille autour de 90 %*. Le télétravail est perçu comme un gage de confiance de l’employeur envers son salarié, ce qui renforce à terme sa motivation. 

Pour l’entreprise, permettre le télétravail c’est améliorer la qualité de vie au travail, motiver ses salariés et réduire les coûts de bureau et d’aménagement.

Si la majorité des salariés souhaite en bénéficier, ils sont peu (12 %) à déclarer vouloir travailler à 100 % de chez eux. La plupart (35 %) souhaiterait pouvoir télé-travailler 2,5 jours par semaine. En effet, travailler au sein d’une entreprise permet de créer du lien social, de développer ses compétences au contact de l’autre et de faire circuler l’information.

Le télétravail : le risque de ne plus déconnecter 

On entend souvent que le télétravail améliorerait l’équilibre vie privée/vie professionnelle. En effet, il permettrait d’allier contraintes personnelles aux obligations professionnelles plus facilement, en supprimant les différents espaces et les trajets entre eux. Pourtant, une étude réalisée par l'Organisation internationale du travail (OIT, un organe de l'ONU) et l'agence européenne Eurofound démontre que l'utilisation d'un smartphone ou d'un ordinateur portable, conditions généralement nécessaires à la mise en place d’un télétravail, provoque un "allongement de la durée du travail" et risque de créer un "chevauchement entre la vie professionnelle et la vie familiale"  ainsi qu’une "intensification du travail" qui pourrait favoriser les risques psychosociaux.  Les salariés les plus à risque seraient les plus ‘nomades’ qui sont amenés à travailler dans des lieux variés.

Le télétravail, concept lié aux outils numériques comme les smartphones et les ordinateurs portables est donc lui aussi touché par le sujet de l’hyper-connectivité et devrait donc être pratiqué de façon encadrée pour que soit respecté le droit à la déconnexion.

Vers un droit du télétravail ?

Depuis l’ordonnance du 22 septembre 2017 le cadre juridique du télétravail pour les entreprises et les salariés a été précisé. Principales mesures adoptées :

  • présomption d’imputabilité de l’accident du travail : un accident survenu pendant les heures de télétravail serait considéré comme un accident du travail suppression du critère de régularité : auparavant la réglementation sur le télétravail ne s’appliquait qu’au télétravail effectué  "de façon régulière".

  • La mise en œuvre du télétravail régulier dans l’entreprise est subordonnée à la conclusion d’un accord collectif ou, à défaut, à l’établissement d’une charte élaborée par l’employeur. Un simple accord entre l’employeur et le salarié ne suffit pas. Auparavant il fallait rédiger un avenant au contrat du salarié pour lui permettre de télé-travailler.

*Source : Ranstad 2016

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