Santé, prévoyance, retraite : à l'étranger, ces aspects de la protection sociale peuvent recouvrir des enjeux spécifiques pour les femmes, notamment quand elles suivent sans emploi leur conjoint expatrié ou en cas de grossesse. Entre régimes de base et complémentaires, comment fonctionne la protection sociale des expatriées ?

La protection sociale est une composante majeure de la réussite de votre expatriation. Il importe de bien vous préparer, en privilégiant une vision à long terme et en anticipant les imprévus (accident, maladie, grossesse...). Un conseil: assurez la qualité des prestations plutôt que de chercher à faire des économies. En cas d’imprévus, vous ne le regretterez pas !

Quelle protection si vous travaillez – salariée ou indépendante ?

Professionnelle expatriée, vous avez l'obligation de cotiser au régime de protection sociale du pays d'accueil.

Il est en plus recommandé d'adhérer et de cotiser à la Caisse des Français de l'Etranger (CFE) pour bénéficier des mêmes prestations qu'en France. La CFE, organisme de Sécurité sociale dédié aux expatriés français,  vous protège de toute rupture de droits, au départ comme au retour en France, en santé et prévoyance

Si vous êtes travailleuse non salariée (indépendante, profession libérale…), les cotisations seront à votre charge.

Si vous êtes salariée, la CFE vous permet également de cotiser en vieillesse, via la CNAV. Faites le point avec votre entreprise : elle peut prendre tout ou partie des cotisations.

Quelle protection si vous êtes ayant-droit ?

Congé parental ou  sabbatique, en démission légitime, ou simplement aux côtés de votre conjoint expatrié? Vous avez le statut d'ayant-droit de votre conjoint au regard de la protection sociale locale, pour la CFE et vis-à-vis de la couverture complémentaire si vous êtes sans ressources personnelles.

Les cotisations peuvent être prises en charge totalement ou partiellement par l'entreprise de votre conjoint qui, le cas échéant, complète les versements.

Quelle protection si vous entamez une grossesse ?

Si vous vous expatriez dans un pays membre de l’Espace economique européen ou ayant signé une convention avec la France (la liste est disponible sur le site du CLEISS – www.cleiss.fr) le régime de base de votre pays d’accueil vous prendra en charge, dans les limites de ses plafonds.

Si vous avez adhéré à la CFE à votre départ de France ou dans les 3 mois suivants, aucun problème : que vous soyez déjà enceinte au moment du départ ou plus tard, la CFE assure la continuité avec le régime général. Rien ne change pour vous : tout est pris en charge (dans les limites de la CFE, identiques à la Sécurité sociale française)que votre accouchement se fasse dans votre pays d'accueil ou en France.

Pensez tout de même à prévoir une complémentaire santé : hors de France, les frais d’accouchement peuvent représenter plusieurs milliers d’euros : la CFE ou le régime de base du pays d’accueil peuvent alors être très insuffisants !

Si vous avez adhéré à la CFE après plus de 3 mois dans votre nouveau pays, les frais liés à votre grossesse et votre accouchement ne seront pas remboursés Vous rentrez en France enceinte après votre expatriation mais n’avez plus de lien avec la Sécurité sociale française (par exemple, vous avez choisi de prendre une assurance santé privée « au 1er € » lors de votre séjour à l’étranger) : vous ne serez pas remboursée pour vos frais de maternité.

Comment préparer votre retraite ?

Si vous êtes salariée, vous et votre entreprise (que le siège social soit basé ou non en France) devez cotiser obligatoirement aux organismes locaux de retraite, sauf si vous êtes détachée.

En parallèle, vous pouvez adhérer à la CFE et continuer à alimenter votre retraite de base française : vous éviterez ainsi des trous de carrière. Pensez également à la retraite complémentaire, via la CRE et l’Ircafex.

Si vous avez quitté votre emploi, vous pouvez cotiser au régime de retraite de base via la CFE. Vous pouvez adhérer en tant qu’ancienne assurée obligatoire - vous devez impérativement en faire la demande dans un délai de 6 mois suivant la cessation de votre activité en France. Vous pouvez également adhérer en tant que chargée de famille si vous avez un enfant de moins de vingt ans à charge. Résultat : vous continuez à générer des trimestres de retraite.

Si vous êtes indépendante ou entrepreneur, vous avez également l'obligation de cotiser aux organismes locaux de retraite. La retraite CFE ne concernant que les salariés, vous pouvez cotiser à une caisse de retraite spécifique pour les indépendants ou libéraux et à une caisse complémentaire.

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