Éducation thérapeutique du patient : apprendre à vivre avec sa maladie

Être atteint d'une maladie chronique ne se traduit pas simplement par un traitement au long cours : cela conduit à changer ses habitudes quotidiennes pour vivre au mieux avec sa pathologie. Tel est l'un des objectifs de ce qu'on appelle l'éducation thérapeutique du patient. Illustration avec Françoise, 71 ans, qui a pris son diabète en main.

Education thérapeutique du patient

 

Atteinte de diabète de type 2, dit “non insulinodépendant”, Françoise, infirmière puéricultrice à la retraite suit depuis 2009 les programmes d'éducation thérapeutique proposés par un réseau parisien, qui regroupe 800 professionnels. Encore méconnue, l'éducation thérapeutique du patient (ETP) s'est développée dans les pays occidentaux à partir des années 1980.

Réduire le nombre et la gravité des accidents aigus

C'est en 1972, aux États-Unis, que Leona Miller, professeur de diabétologie à l'hôpital de Los Angeles, a publié le premier article montrant son utilité. Elle recevait beaucoup de mexicains immigrés diabétiques dans le coma parce qu'ils ne savaient pas manier l'insuline, relate le Dr Pierre-Yves Traynard, directeur pédagogique du Réseau Paris diabète. Avec la mise en place de conseils personnalisés par téléphone 24 heures sur 24, les accidents aigus ont baissé de moitié.

 

Le saviez-vous ?

Humanis propose une complémentaire santé adaptée aux seniors de plus de 55 ans. Les garanties proposées prennent en charge les consultations chez votre médecin traitant, mais également celles chez des spécialistes tels que podologues, nutritionnistes… Bénéficiez également des prestations d'assistance.

 

La démonstration est faite que les patients sont en capacité d'être partie prenante de leur prise en charge. Quelque quarante ans après, l'éducation thérapeutique peut se résumer par cette formule du Dr Traynard: “Apprendre sur soi et pour soi afin de s'organiser avec ses traitements et vivre au mieux.”

Toutes les spécialités s'occupant de maladies chroniques (asthme, insuffisance cardiaque, Parkinson, diabète, etc.) intègrent aujourd'hui l'éducation thérapeutique du patient, avec pour premier intérêt la réduction du nombre et de la gravité des accidents aigus.

 "Des astuces pour maîtriser sa faim entre les repas"

Deuxième bénéfice : améliorer la qualité de vie du patient. Le malade devient ainsi en capacité de moduler son traitement et d'effectuer une auto surveillance. Françoise, qui a vu sa mère diabétique gravement malade, atteinte notamment de thromboses, se montre particulièrement vigilante : “Je ne suis pas une grande diabétique, mais je sais que j'ai une épée de Damoclès au-dessus de ma tête avec cette maladie qui avance cachée. Je suis preneuse de prévention et de programmes éducatifs.”

 

Au fil des années, elle a suivi les ateliers du Réseau Paris diabète. Avec le programme "Manger équilibré", elle a appris à équilibrer son alimentation, à contrôler sa consommation de sucres et de graisses : “J'ai appris par exemple que boire de l'eau avant un repas copieux diminue un peu la faim, poursuit-elle. De même, boire à jeun un apéritif, souvent très sucré, est déconseillé”.

Une éducation pluridisciplinaire et à la carte pour les patients

Un atelier sensibilise à l'importance de l'activité physique, son action sur la maladie et organise des marches dans Paris. Un autre porte sur la podologie, car les personnes diabétiques doivent se montrer très attentives à l'état de leurs pieds.

 

Françoise a également suivi le programme "Vivre avec son traitement", dans lequel étaient évoquées les piqûres d'insuline. C'est aux patients de suivre ces activités éducatives selon leurs besoins. Toutes ces interventions sont réalisées par des professionnels formés – généralistes, spécialistes, infirmiers, kinésithérapeutes, etc. et proposées à des groupes de patients.

Décider de suivre un programme d'éducation thérapeutique nécessite d'accepter la maladie et l'anxiété qu'elle peut susciter. Mais en parler avec les autres et apprendre, apaise souvent cette angoisse, puisqu'elle apporte à chaque patient une meilleure maîtrise de sa situation. Médecins, spécialistes et associations de malades peuvent orienter vers des programmes adaptés à la pathologie et la situation de chacun.

Un dispositif gratuit pour le malade

Il existe en France près de 3 000 programmes d'éducation thérapeutique du patient (ETP), selon les dernières données du ministère de la Santé : 30 % portent sur le diabète, 15 % sur les maladies cardiovasculaires et 12 % sur les maladies respiratoires. Aucune participation financière n'est demandée.

Pour savoir si un programme d'ETP est adapté à votre situation, le plus simple est de demander conseil à votre médecin traitant. Il est aussi possible de consulter la liste des programmes sur le site Internet de son agence régionale de santé (www.ars.sante.fr).

Cet article est extrait du magazine de Humanis "À pleine vie" de décembre 2014

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