Quels sont les médicaments à proscrire avant de prendre la route ?

L’Ordre des médecins estime à 3,4% les accidents de la route mortels attribués à une prise de médicament. Les automobilistes sont-ils réellement au courant des risques liés à la prise de médicament avant de conduire ? Quels sont les médicaments proscrits en cas de conduites et quelles sont les molécules déconseillées ?

Quels sont les médicaments à proscrire avant de prendre la route ?

Les trois niveaux de risques pour la conduite

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a établi un classement en 3 niveaux pour évaluer le risque lié à la prise de médicament en cas de conduite :

Niveau 1 : le risque est faible et dépend des réactions individuelles du patient. Il convient de lire la notice, elle indique les situations pour lesquelles le patient ne pourra pas conduire. Le patient devra faire attention aux éventuels effets secondaires mentionnés dans la notice.

Quelques exemples :

  • Cardiologie
  • Anti arythmiques cardiaques
  • Vasodilatateurs
  • Inhibiteur calcique
  • Antihypertenseur
  • Médicaments de l'équilibre calcique

 

Niveau 2 : il existe des risques. Il convient au médecin d’examiner au cas par cas si la prise de médicament est compatible avec la conduite. Cela dépend de la sensibilité individuelle du patient. Le plus souvent, ce type de médicament est disponible uniquement sur ordonnance. Si ce n’est pas le cas, c’est au pharmacien de conseiller le patient.

Quelques exemples :

  • Médicaments de la nausée
  • Médicaments du diabète : Insulines ; Antidiabétiques oraux
  • Antihypertenseurs action centrale
  • Médicaments antispasmodiques urinaires
  • Antibiotiques de la famille des aminosides, tétracyclines et fluoroquinolones
  • Anticancéreux.

 

Niveau 3 : il est fortement déconseillé de conduire. Les effets des médicaments de niveau 3 rendent la conduite dangereuse. L’incapacité de conduire est le plus souvent temporaire mais reste majeure.

Quelques exemples :

  • Hypnotiques sédatifs
  • Myorelaxants périphériques
  • Anesthésiques généraux
  • Certains collyres mydriatiques
  • Antidotes : Namorphine, éthanol, flumazénil

 

Les benzodiazépines : des médicaments à risque

En mars 2017, le ministère de la santé a ajouté 33 médicaments à la liste des médicaments jugés dangereux pour la conduite.

Parmi les références ajoutées, beaucoup d’entre elles comportent des benzodiazépines. Cette classe de composés organiques -associée aux anxiolytiques et somnifères- agit sur la baisse de la concentration et l’apparition de la fatigue. En effet, selon l’Ordre des médecins, la moitié des accidents de la route mortels liés à la prise de médicament est liée à la prise de benzodiazépines. Selon l’Agence national de sécurité du médicament et des produits de santé, 11 millions de français consommeraient ce type de médicament chaque année.

C’est pourquoi, face au risque encouru, le ministère de la santé a fait passer les benzodiazépines et associés du niveau 2 au niveau 3.

D’autres molécules comportent des risques en cas de conduite du patient. Le bromazépam que l’on retrouve dans le Xanax et le Lexomil en fait partie. Sont aussi concernés le Tranxene, le Valium, l’antiépileptique Rivotril ou les anesthésiques à base de ropivacaïne. Tous ces médicaments sont passés du niveau 2 au niveau 3.