Traitement de la maladie d'Alzheimer : où en est la recherche médicale ?

La maladie d'Alzheimer touche aujourd'hui près de 900 000 personnes en France¹. Aucun traitement curatif, permettant de guérir la maladie, n'a encore été découvert. Sur quoi portent les dernières avancées de la recherche médicale ? Quels sont les espoirs ?

Traitement de la maladie d'Alzheimer : combattre les symptômes

Face à la maladie d'Alzheimer, deux approches sont généralement utilisées: l'une est médicamenteuse tandis que la seconde est axée sur la thérapie.

Les traitements médicamenteux

Les traitements existants contre la maladie d'Alzheimer ne permettent pas de guérir la maladie. Ils s'attaquent aux symptômes, afin d'en atténuer les effets sur le patient, ou la vitesse d'apparition.

En France, les traitements médicamenteux sont principalement de deux types. Ils luttent contre :

  • le déficit d'un neurotransmetteur, l'acétylcholine, en inhibant l'enzyme qui la détruit,
  • les effets toxiques de la production excessive d'un autre neurotransmetteur, le glutamate.

Les thérapies

Les thérapies, employées en complément des traitements médicamenteux contre la maladie d'Alzheimer, prennent différentes formes. Elles peuvent avoir une :

  • dimension cognitive: stimulation et rééducation ciblant notamment l'autonomie du patient,
  • dimension psychosociale: diverses thérapies et psychothérapies, luttant contre l'état dépressif ou visant une meilleure qualité de vie,
  • dimension sensorielle: la musicothérapie, par exemple, pour stimuler certains comportements du patient,
  • dimension motrice: l'entraînement moteur pour travailler sur des mécanismes cognitifs et améliorer l'autonomie.

Recherche médicale et maladie d'Alzheimer : ralentir et diagnostiquer plus tôt la maladie

La recherche médicale autour de la maladie d'Alzheimer se développe notamment dans l'objectif de ralentir la maladie et ses effets.

Les traitements pour ralentir la maladie d'Alzheimer

Selon l'Alzheimer's Association, les molécules thérapeutiques sur lesquelles travaille aujourd'hui la majorité des chercheurs visent le processus de la maladie en lui même. La maladie provoque des lésions et diverses modifications au niveau des fonctions du cerveau à partir de "cibles". Il est possible d'influencer directement ces cibles et ainsi de freiner, voire stopper, la progression de la maladie. Une piste thérapeutique importante serait donc un "cocktail" de traitements qui influencent en parallèle plusieurs de ces cibles :

  • le peptide bêta-amyloïde, dont l'accumulation forme des plaques amyloïdes. C'est la protéine sur laquelle travaille le plus fréquemment la recherche fondamentale, via notamment l'immunothérapie, qui consiste à injecter des anticorps spécifiques pour éliminer le peptide ou vacciner contre lui,
  • la protéine tau phosphorylée, protéine de structure des neurones dont la phosphorylation (l'ajout d'un groupe phosphate) accélérée par les plaques amyloïdes entraîne à terme la mort de la cellule nerveuse. La projection d'anticorps et des vaccins sont également en cours de tests,
  • l'inflammation chronique du cerveau et la résistance à l'insuline, deux phénomènes qui semblent liés au développement de la maladie.

La recherche et les essais cliniques en cours incluent également de nouvelles méthodes spécifiques d'imagerie cérébrale, ainsi que des tests sanguins ou de détection de marqueurs biologiques présents dans le liquide céphalorachidien. L'objectif: simplifier le diagnostic et surtout le rendre plus précoce.

Des essais avant l'apparition de la maladie

Concernant l'immunothérapie, les résultats des essais cliniques sont décevants, selon l'Inserm, qui invite à tester ce type de traitement plus tôt, dès l'apparition des premiers symptômes de la maladie.

L'étude de mutations génétiques rares, permettant d'identifier des personnes à risque, qui n'ont pas encore développé la maladie, est un axe important de la recherche médicale portant sur Alzheimer. L'essai clinique Alzheimer's Prevention Initiative (API), en cours en Colombie, teste par exemple une molécule sur plus de 500 personnes d'une vaste famille ayant connu une mutation génétique, et dont plusieurs dizaines de membres sont atteints de la maladie d'Alzheimer. Plusieurs autres essais cliniques existent, dont A4 aux États-Unis, ou IMAP+ et DIAN-TU, présents en France, où ils sont coordonnés par les CHU de Caen et Rouen. Ce dernier teste ainsi deux anticorps monoclonaux, le gantenerumab et le solanezumab, pour éliminer le peptide bêta-amyloïde.

 

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¹ Chiffre de l'Inserm, juillet 2014

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