Trier ses médicaments : un geste éco-santé

Il nous est conseillé de faire régulièrement le ménage dans nos médicaments pour éviter les accidents et écarter les produits périmés. Rapportés chez le pharmacien, ils seront prises en charge par l'association Cyclamed puis revalorisés à des fins énergétiques. En 2017, 11 083 tonnes de médicaments ont été collectées, soit 6,7 % de moins qu'en 2016 (1). Baisse qui s'explique, selon l'association Cyclamed,  par la diminution de la consommation des médicaments des français.

Trier ses médicaments: un geste éco-santé

"Je trie mes médicaments lorsque mon armoire déborde !", témoigne Manuela, mère de trois filles âgées de 7 à 15 ans. "Quand les enfants étaient petits et souvent malades, je devais le faire fréquemment. Maintenant, ce grand ménage s'espace, tout comme les gros rhumes de mes filles".

Comme cette mère de famille, nous attendons en général que nos armoires à pharmacie soient pleines pour nous lancer dans le tri de nos boîtes de médicaments. Mais l'idéal serait d'y veiller régulièrement.

Le saviez-vous ?

Votre médecin traitant ou votre pharmacien est à même de répondre à toutes vos questions concernant vos médicaments. N'hésitez pas à le consulter. Malakoff Médéric Humanis vous accompagne en prenant en charge les consultations avec votre médecin traitant, mais aussi les médicaments.

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“Il est important de les regrouper dans un endroit spécifique, réservé à cet effet”, explique Thierry Moreau Defarges, président de l'association Cyclamed, qui a pour mission de collecter et valoriser les médicaments non utilisés.

 

Une intoxication sur deux chez les enfants

“Souvent, poursuit-il, nous avons des médicaments dans la cuisine, la salle de bains, dans la table de nuit, à côté de la table à langer, etc. Ils présentent un danger pour les jeunes enfants, voire les personnes âgées, qui peuvent les absorber par erreur”. Les médicaments sont à l'origine d'une intoxication sur deux chez les enfants.

 

Les produits qui ont dépassé la date de péremption doivent être écartés, tout comme ceux qui, une fois ouverts, se conservent peu de temps, comme les collyres, certains sprays et collutoires, des sirops qui présentent une cristallisation, avec un épaississement et la présence de sucre sur les parois.

À sortir également de son armoire à pharmacie, les médicaments qui ont été utilisés pour une maladie particulière. Pourquoi ? "Parce qu'elle a peu de chances de se reproduire, répond Thierry Moreau Defarges. Il est aussi très rare qu'un antibiotique soit prescrit deux fois pour la même pathologie ou des pathologies différentes. Et puis, normalement, si l'on a bien respecté la durée du traitement et la posologie, il ne reste pas beaucoup de produit".

Tous ces médicaments, périmés ou non, ainsi que les contenants vides lorsqu'ils peuvent contenir des traces du produit (inhalateurs), ne doivent pas être jetés dans une poubelle et encore moins dans les toilettes et les éviers. Ils polluent l'eau, les sols, et sont susceptibles de perturber le fonctionnement des stations d'épuration. La solution : les rapporter dans une pharmacie, à l'exception des seringues, qui pourraient représenter un risque pour le personnel officinal. Ils sont ensuite traités par le réseau Cyclamed, un éco-organisme qui brûle la totalité des produits récupérés et les transforme en électricité et en chaleur. Cette valorisation énergétique par incinération est réalisée dans 53 unités réparties dans toute la France.

Arrêt des dons humanitaires

Depuis 2009, les médicaments non périmés ne peuvent plus être donnés à des associations humanitaires. "Seuls 2 à 3 % des produits récupérés par Cyclamed allaient dans le circuit humanitaire, rappelle Thierry Moreau Defarges. Le reste était périmé ou ne correspondait pas aux besoins des associations: on récoltait beaucoup d'antidiabétiques et d'hypertenseurs, alors qu'elles attendaient plutôt des antidouleurs et des antibiotiques".

Autre frein à cette récupération : quand restaient six comprimés dans une boîte, trois dans une autre, il fallait reconstituer des traitements avec des lots différents, ce qui posait un important problème de traçabilité des produits.

Des régions se montrent à la pointe de cette démarche, comme les Hauts-de-France, la Nouvelle Aquitaine et le Grand Est. Ce sont les seniors qui rapportent le plus de médicaments et majoritairement des femmes. Dans neuf cas sur dix, les boîtes sont déposées à un moment spécifique : cela peut être à l'occasion d'un grand nettoyage de printemps ou – plus tristement – après un décès. La plupart du temps, ces retours en pharmacie ne se réalisent pas en fin de traitement. "Globalement, les campagnes de sensibilisation portent enfin leurs fruits. On vend moins de médicaments : les médecins ne prescrivent plus que 4 à 5 lignes de produits contre 5 à 6 il y a dix ans, c’est 15 % de moins. Les pharmaciens incitent au respect de la prescription. Les industriels ont aussi changé leur politique de promotion. Enfin, les Français sont devenus prudents sinon méfiants après les scandales Mediator ou Levothyrox".

Les médicaments à conserver

Après avoir bien vérifié les dates de péremption, il est recommandé de conserver les médicaments, prescrits par un médecin ou conseillés par un pharmacien, qui sont utilisés régulièrement ou de façon plus espacée, comme le paracétamol, les corticoïdes pour les allergies, la crème pour les brûlures ou les courbatures, les antihistaminiques, les désinfectants, etc. Un dialogue avec le médecin ou le pharmacien peut aider à déterminer ce qu'il est important de garder chez soi. Et gare à ne pas jeter par mégarde les traitements en cours pour un problème de santé ponctuel (une sinusite, une tendinite, etc.) ou une maladie chronique (diabète, cholestérol, etc.).

 

 

(1) Étude menée par le CSA pur Cyclamed